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La Dépouille du serpent "Tous les liens que Slobodan Snajder a su, à travers son théâtre, tisser entre l'imaginaire et le vécu tragique, "entre les cieux, trop hauts pour l'homme, et la terre, trop dure pour y marcher", sont dangereux. C'est ce danger même qui inspire la poésie, qui crée le poète en nous. Ainsi, dans La Dépouille du serpent, Azra violée, Azra meurtrie, retrouve la parole dans l'imaginaire, le seul monde qu'il lui reste. C'est le tragique même qui s'adresse à nous. [...] Dans les pièces de Snajder, la poésie ne sert pas seulement de refuge. Elle peut nous offrir la sublimation du réel si elle reste en permanence tournée vers lui, essayant de le saisir, de le comprendre. La réalité est le préalable du songe." Le Faust croate Croatie, 1942. Au Théâtre national de Zagreb, sous contrôle du régime oustacha, on décide de monter le Faust de Goethe, à des fins de propagande. La pièce est jouée pendant toute la guerre, avec une distribution de plus en plus mauvaise, la plupart des acteurs de la distribution initiale ayant rejoint les partisans dans le maquis. En 1982, puis en 1992, Slobodan Snajder utilise cet événement historique pour mettre à nu les mécanismes de la terreur fasciste et de la purification ethnique. Un chef-d’œuvre de l’humanisme classique sur une grande scène nationale par temps de "nuit et brouillard", sur fond de camps de concentration et de furie meurtrière : le paradoxe de cette représentation est l’enjeu véritable, le cœur de la dramaturgie de Snajder. Slobodan Snajder, auteur dramatique, est né en 1948 à Zagreb, en Croatie. Il a écrit plus de trente pièces, largement jouées en Europe, et publié une dizaine de livres. Exilé pendant la période Tudjman, il a été jusqu’en 2004 directeur du Théâtre de la Jeunesse de Zagreb. Ancien résident de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, il était récemment présent aux "Regards croisés" à Grenoble.
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